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Cécile Martelli, participante française au Sommet international des coopératives, du 6 au 9 octobre 2014 dans la Ville de Québec

Cécile Martelli32 ans
Gérante CAE en Société coopérative et participative (SCOP) et chargée d’enseignement à l’Université de Corse.
Jeune leader de l’OFQJ sélectionnée pour aller au Sommet international des coopératives qui s’est tenu du 6 au 9 octobre 2014 dans la Ville de Québec.

Dns quel secteur d’activité travaillez-vous ?


La coopérative d’activités et d’emploi en Société coopérative et participative A PROVA est membre du réseau coopérer pour entreprendre, de la confédération nationale des SCOP, de la CRESS Corsica.
Notre coopérative est appelée coopérative d’activités et d’emploi « généraliste » nous accueillons et accompagnons une diversité d’activité (artisanat, services, prestations dites « intellectuelles », etc.). Elle existe depuis 12 ans et sa zone d’intervention est la Corse.
La coopérative en SCOP A PROVA renvoie à des principes et valeurs qui sont inscrits dans le préambule de ses statuts (coopération, solidarité, gestion et participation démocratique, un homme = une voix, mutualisation ..). La gérance est élue à la majorité par l’ensemble des associés pour 4 années.

La SCOP est composée d’associés salariés qui doivent être majoritaires tant pour la prise de décision que pour la détention du capital social. Nos excédents de fin d’année sont répartis entre l’ensemble des salariés, pour le développement de la SCOP, en réserve impartageable puis entre les associés ( la partie revenant aux associés peut être réinjectée pour le fond de développement de l’entreprise). Depuis 2013 nous avons mis en place l’épargne salariale (une partie de notre bénéfice est calculé et placé sur un compte pour chacun des salariés de la coopérative). La coopérative dispose d’une équipe de permanents salariés associés cadres en CDI qui veille au bon fonctionnement et au bon développement de la structure aux côtés des associés non salariés.

Plus encore aujourd’hui, la gouvernance est un enjeu important pour le développement de notre coopérative parce que nous sommes une petite structure de 25 salariés (entrepreneurs et permanents). Une entreprise que l’on pourrait comparer à une entreprise de type familiale et au sein de laquelle chaque personne vaut son pesant d’or pour le bon développement.


La coopérative d’activités et d’emploi accueille et accompagne toute personne désireuse de créer puis de développer en coopérative une activité en lien avec un savoir-faire et un savoir-être. La coopérative devient alors sa coopérative pour démarcher, facturer, se former, réseauter ! Dès la première facturation elle signera un CDI entrepreneur salarié. Elle pourra ensuite devenir associée de sa coopérative en SCOP.


Nous privilégions la formation en sensibilisant l’ensemble des salariés (entrepreneurs et permanents ) sur les droits liés à la formation et toutes les possibilités dont nous disposons pour que nos coopérateurs puissent, si ils le désirent, se former. Nous essayons de favoriser les connexions entre eux et donc la coopération ; même si parfois la valorisation de ce travail coopératif en interne peut se heurter au manquer de moyens pour sa mise en œuvre et son déploiement. Nous mettons à leur disposition un espace de travail partagé, un service comptable permanent, du conseil etc. Il est à noter que notre coopérative d’activités et d’emploi réunit plus de 60 % de femmes entrepeneures.
Au-delà de la coopérative d’activités et d’emploi, nous accompagnons les porteurs de projet dans la création ou la reprise d’une activité sur toute la Corse. Nous sommes labélisés NACRE pour suivre également des jeunes entreprises jusqu’à trois ans d’activité : nous travaillons avec le porteur du projet de l’émergence du projet jusqu’à son financement ; nous passons ensuite le relais aux chambres consulaires pour l’immatriculation et pour les éventuels stages à assurer.


Nous avons depuis peu élaboré une offre dite collaborative en conseil et formation. Cette offre est le fruit d’un travail entre entrepreneurs salariés associés et non associés de la coopérative. Elle propose des actions de formation ou de conseil selon les compétences clés dont nous disposons à l’interne. Les profils des intervenants sont variés et riche d’expériences (diplômés de Cambridge/ en ingénierie/ expérience d’enseignement à l’étranger/ doctorant, etc.). Ces intervenants sont des professionnels de terrain qui veulent transmettre et mettre à profit leur parcours.

Quel était l’intérêt pour vous de participer au Sommet International des coopératives ?


Participer à ce Sommet a été une expérience constructive et boostante. Les intérêts sont les suivants : ouverture vers le monde, proximité entre participants dans leur grande diversité, élévateur dans la réflexion et l’envie d’entreprendre, des réponses à certaines de nos interrogations (en lien avec la gouvernance, le numérique, l’éducation, les rôles de chacun pour encourager la coopération, la santé, la formation).
Nous espérons désormais maintenir et valoriser les prises de contacts en mettant en place des partenariats pour sensibiliser, se former, aider à notre tour, monter des projets communs. Le Sommet a mis en exergue des besoins et des finalités communes à un certain nombre de participants (la mutualisation des compétences, des coûts, le réseautage, l’accompagnement...). Au final, le Sommet nous a fait voir que la coopération réunit et fédère.


Que retiendrez-vous du Sommet ? 


Ce que je retiens du sommet, c’est l’étonnante proximité entre les participants et l’accessibilité des personnes de tous les horizons qui nous conduira , je l’espère, à pouvoir coopérer au-delà de notre île.
Je retiens également que l’ouverture vers l’extérieur peut être une solution (par exemple : l’ouverture vers l’extérieur pourrait être un moyen pour sensibiliser plus encore, nous perfectionner par la formation). Elle pourrait être une ressource pour nous développer, améliorer notre productivité et pour anticiper.


Une rencontre qui vous a marquée ?


Difficile de répondre, il y en a tellement : l’OFQJ et Astrid Laye, chargée de projets Export et coopération professionnelle ; les jeunes leaders ; les universités de Sherbrooke et de Laval ; le chef du cabinet du Ministère de l’artisanat et de l’ESS du Royaume du Maroc ; les membres du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité ; les membres de Desjardins, et... le Consulat général de France à Québec pour l’intérêt porté à notre égard (un clin d’œil à son attachée de presse ;). Sans oublier les nombreux bénévoles !! Bravo à eux ! Les soirées d’ouverture et de clôture sont mémorables !


Des conseils prodigués ? Des pratiques à importer dans votre coopérative ?


Nous souhaiterions pouvoir partager notre séjour au Québec avec l’ensemble des salariés et plus largement sur notre territoire (campagne de communication à budgétiser ou à capitaliser via le réseautage présent sur le Sommet).
Nous aimerions faire un « après-Sommet » et reprendre contact avec les belles rencontres que nous avons pu faire, pour commencer à construire des ponts pour l’échange de bonnes pratiques, l’expérimentation en local et pour apporter également notre contribution selon les besoins. Nous avons besoin de cette ouverture et de cette coopération internationale pour transmettre et encourager la coopération en local.


Nous avons pu voir que la gouvernance est un enjeu de taille. Peu importe la taille de l’entreprise, des coopératives de petite et de grande taille pourraient échanger, s’observer et expérimenter (une interaction pourrait être imaginée). Notre terre est nourricière, riche par sa culture, sa faune et sa flore, son histoire, sa position géographique, son relief, et nous pensons réellement que la coopération pourrait aider à transformer un frein en opportunité ou encore un point faible en un point fort.